Novembre 2017
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Avant-propos : - Aucune
information ne sera donnée sur la localisation du site. *** Exceptionnellement,
ce compte rendu sera divisé en deux parties. La raison est
simple, le parc de ce château est au moins aussi intéressant
et complet que son intérieur. Mieux, il y a même quelques
souterrains cachés un peu partout, c'est donc presque trois
visites en une ! Et une autre raison moins avouable, il m'a
fallu plusieurs visites et plusieurs tentatives pour réussir
à rentrer à l'intérieur. L'accès est compliqué, périlleux et
se mérite. Mais une fois dedans, c'est une véritable caverne
d'Ali Baba.
Avant de voir l'intérieur, je suis surpris, d'emblée, par le nombre de voitures situées dans les jardins du château. C'est simple, il y en a une vingtaine, sans compter la caravane et même un petit bateau. Je ne vais pas toutes les prendre en photo (et surtout, toutes les mettre ici) mais on a malgré tout de belles pièces d'antiquités (quoique la plus belle, est, forcément, encore à l'intérieur du château comme vous le verrez très prochainement). Le seul inconvénient, et cela sera d'autant plus le cas lors des différentes tentatives d'accès au bâtiment, est la présence de ronces sur presque tout le domaine. C'est bien simple : c'est une plaie d'avancer ici. J'y ai laissé un jean, une doudoune, mes doigts, un sac et un bout d'une veste en cuire (du faux, probablement, mais quand même). C'est ce qui m'a motivé à donner le nom de Brennus au lieu car j'ai fini par me servir d'un outil fidèle à tout bon explorateur qui se respecte comme d'un bouclier afin de pouvoir limiter un peu la casse. J'avais sans doute l'air assez peu inspiré mais mon imagination rendait le tout plus acceptable. On commence
donc par les voitures. Comme à mon
habitude, je n'y connais rien du tout en bagnoles, pire je
m'en contrefiche et je n'arrive pas à y trouver d'intérêt.
C'est donc avec l'aide plusieurs contacts que je peux vous
dire ce que j'ai pris en photo. Sur cette photo on peut voir
une Renault Talbot, une Renault 9GTL et une Daimler qui
figure également en logo de ce compte rendu. Ici, probablement une Audi des années 72 (A80 visiblement). Pas d'idée précise mais pour le coup on dirait des 2 chevaux : J'ai un peu
de mal à m'imaginer comment cela est possible. Qui est
arrivé en premier ? L'arbre ? La voiture ? Depuis combien de
temps ?
Une Alfa Roméo Sprint Balloco : Et ces
véhicules dont les modèles ne me parlent pas forcément,
visiblement, la première est une Renault Juvaquatre et pour
la seconde, je penche pour une traction avant de chez
Citroën. À noter qu'il n'est pas évident de faire des photos
dans les garages car, d'une part, le sol est parsemé de
bricoles et surtout, il n'est pas stable, ainsi, à plusieurs
reprises, des trous se sont crées et dévoilent, quelques
mètres en dessous, les restes d'anciennes étables.
Mais, c'est
l'intérieur qui possède le plus beau.
Comme dit plus haut, l'accès à ce lieu n'est pas une sinécure. Le rez-de-chaussée est entièrement fermé et protégé par des grilles décoratives métalliques et les accès à l'étage se font de manière périlleuse. Et surtout, surtout... ces ronces qui parsèment l'intégralité du terrain sont une vraie plaie. Il y a, en outre, des bouts de fils barbelés qui sont cachés un peu partout. Mes jambes s'en souviennent encore. L'exploration se fait parfois dans le sang, la rage et les larmes.
Trêve de
suspens, au moment où je mets le pied dessus, je m'écroule
lamentablement dans un vacarme assourdissant. Je décide donc
de tout remettre scrupuleusement à la même place afin de ne
pas éveiller les soupçons sur une éventuelle venue. Deuxième
visite. Je suis bien mieux équipé et j'arrive à pénétrer,
presque entièrement, dans une pièce. Presque entièrement ?
Oui, presque. L'accès que j'ai repéré est tout petit.
Normalement, comme je suis assez fin, j'arrive à me faufiler
partout. Mais pas cette fois-ci, je n'ai pu glisser que le
haut de mon corps. Je suis resté coincé au niveau du buste.
Impossible de passer, même avec toutes les contorsions du
monde ! Je vous laisse imaginer la scène de débilité absolue
: être coincé à l'étage d'une fenêtre d'un château abandonné
avec les jambes qui pendent dehors dans le vide. Bref, j'ai
pu constater l'état d'abandon avancé de cette salle de bain
et du magnifique salon attenant. Pire, tout est meublé !
Mais une chose est sûre, personne n'habite ici. Le plafond
s'écroule, les toiles d'araignées sont énormes et il y a du
bazar un peu partout. Il faudra une troisième visite, et un autre accès afin de pouvoir prendre le tout en photo. Et il y a de vraies beautés à l'intérieur et des objets on ne peut plus cool. Jugez plutôt :
Il m'aura fallu trois visites pour pouvoir rentrer dans ce lieu et malheureusement, à chaque visite, j'ai vu ce château se dégrader, notamment à travers des carreaux cassés. Ce n'est pas forcément bon signe, mais j'ai malgré tout bon espoir : l'accès est tellement galère que l'intérieur devrait être protégé encore un peu de temps. Toutefois,
même si le lieu est relativement isolé géographiquement, les
quelques voitures qui passent sur cette petite route de
campagne sont alertes. Je suis garé relativement loin mais
tout le monde me dévisage alors que je m'approche du
château, et je ne suis pas au bout de mes surprises... Je commence à prendre le coup de main et j'accède au château par cette petite sale de bain reconvertie en débarras. C'est un peu particulier, on y trouve de tout sauf de quoi se doucher. Je décide de procéder méthodiquement et de commencer la visite par le rez-de-chaussée pour être certain de ne rien manquer. Bien mal m'en a pris, vous verrez pourquoi. Une petite porte bleue, qui possède une ouverture (?) sépare cette pièce d'eau d'un beau salon vert. À l'intérieur, on y trouve un beau bazar : des tableaux, des fringues, une TV, un vélo d'appartement et des bouquins. Le lieu a l'air fatigué. Tout est poussiéreux, malodorant avec, malgré tout, quelques traces de passages de ci de là (vous verrez pourquoi par la suite) qui viennent troubler la lente décadence de ce salon jadis joliment ouvragé. Je sors de
la pièce et me dirige vers l'escalier en colimaçon qui ne
tient pas debout. C'est assez scabreux et fait vraiment de
la peine. Je commence les photos au garage. Le temps d'immortaliser une belle Ford Mustang rouge que j'entends du bruit venant de l'extérieur. Une voiture s’arrête, je jette un œil par une petite ouverture grillagée. Une jeune femme s'approche tranquillement tout en remarquant une présence à l'intérieur de la bâtisse. Ce n'est jamais agréable, mais dans le doute, je préfère sortir et me présenter à cette personne. Quelques cabrioles et me voici face à elle. Je viens de me faire griller par la factrice... Surprise, elle me demande ce que je fais là. Je décide d'être totalement transparent et lui dit que j'ai remarqué ce lieu un peu ravagé et et que j'ai décidé de l'immortaliser en photos. Voici une retranscription grosso modo fidèle de cet échange qui fut finalement très riche en informations : Factrice
: Ah, vous avez vu la traction avant avec l'arbre dedans,
non ?
Nous nous quittons ici. Je suis agréablement surpris de son intérêt pour ma démarche et son ouverture à la discussion, c'est aussi intéressant de voir qu'elle était complètement désolée de l'état de délabrement de cette habitation. Comme quoi, un château est bien plus qu'un logement, c'est une partie de l'histoire d'un lieu et de ses habitants. Comme vous
l'aurez compris, ce n'est pas cette fois-ci que je vais
mettre des photos de l'intérieur. Il est fortement probable
que j'y retourne pour immortaliser une dernière fois
l'intérieur. Il y aura donc une partie 3 ! En
attendant, je vous mets la photo de la Ford Mustang pile au
moment où la factrice a pu me voir : *** |